Tuyaux pour un dragueur

22Feb11

[EN : Here are some expert tips, dating from 1959, for the “dragueur”: a guy whose hobby is picking up chicks. Sorry, I don’t have the time to translate it into English right now! Read it at your own risk!]

Le film « les Dragueurs » de Jean-Pierre Mocky est sorti en 1959. Mocky dit qui’il a inventé le mot « dragueur » ; au moins il l’a popularisé avec son film.
Peu après sa sortie, on a adapté le film en roman. Bref… Sur le dos du livre se trouve une liste des tuyaux, signée Guy Breton, qui reste assez juste et utile même 50 ans plus tard. Bon courage, les gars ! Soyez hardis !

1. Suivre plutôt les blondes que les brunes, les rousses que les blondes.
2. Éviter de suivre de trop près une femme élégante dans un quartier chic, où elle peut rencontrer des amis.
3. Au contraire suivre silencieusement jusqu’au moment et à l’endroit psychologique où l’on se décide à aborder.
4. Ne quitter la place que devant une résolution très marquée de se débarrasser de vous.
5. Fuir comme la peste les péronnelles qui stationnent trop longuement devant les vitrines des bijoutiers.
6. Contrairement à la logique, suivre plutôt devant que derrière.
7. Profiter des moindres incidents de la rue pour se rapprocher le plus possible de la femme que l’on suit et, si possible, engager la conversation.
8. L’un des meilleurs endroits pour « draguer » est le métro aux heures d’affluence.
9. S’attaquer de préférence aux femmes qui marchent vite, les yeux baissés, l’air un peu effrayé et embarrassé.
10. Ne jamais se laisser aller à chuchoter des gaudrioles ou des obscénités dans le dos de la femme que l’on suit.
11. Entamer la conversation sur un ton doux, modeste et respectueux.
12. S’intéresser particulièrement aux jeunes beautés escortées d’enfants ou chiens.
13. Ne jamais manquer de suivre avec acharnement toute jolie femme qui, après vous avoir croisé, se retourne.
14. Ne pas chercher à attirer son attention.
15. En dehors de ces cas spéciaux, n’aborder que dans les carrefours, les coins de la rue, ou mieux encore, au moment où la personne traverse la chaussée au milieu des voitures.
16. La première qualité pour un « dragueur » est la hardiesse. Les débutants doivent donc perdre toute timidité.
17. Toute femme seule dans un cinéma peut être suivie sans inconvénient et avec présomption de succès.
18. Enfin, il est recommandé aux « dragueurs » de ne laisser échapper aucune occasion, aucun quiproquo.

Il y a un 45-tours avec la bande originale du film, édité par Véga (« la valeur par la qualité »), V 45 P 2009, série standard. Les trois morceaux sont de Maurice Jarré :
* la Femme idéale
* la Ballade des dragueurs
* Surboum chez Ghislaine
Sur le dos de la pochette se trouve une liste plus longue et plus élaborée du Code, signée Hubert Giraud, « avec l’autorisation du journal Noir et Blanc » :

1. Suivre plutôt les blondes que les brunes, les rousses que les blondes. Les statistiques ayant démontré sans l’expliquer d’ailleurs, que plus le poil est foncé, plus la femme est rébarbative.
2. S’attaquer de préférence aux femmes qui marchent vite, les yeux baissés, l’air un peu effrayé et embarrassé et qui se contentent, lorsque vous les regardez avec obstination, de vous lancer, à la dérobée, une oeillade de côté.
3. Éviter de suivre de trop près une femme élégante dans un quartier chic, où elle peut rencontrer des amis, et une ouvrière à proximité de son magasin. Cela les gêne, les indispose, et paralyse toutes leurs bonnes intentions…
4. Ne jamais se laisser aller à chuchoter des gaudrioles ou des obscénités dans le dos de la femme que l’on suit comme le font maladroitement quelques vieillards lubriques ou quelques imbéciles. Non que cela les scandalise toujours. Mais cela les embarrasse pas trop et les met dans la nécessité d’ignorer l’auteur de cette conférence pornographique qui froisse leur délicatesse.
5. Il faut au contraire suivre silencieusement jusqu’au moment et à l’endroit psychologique où l’on se décide à aborder. Le faire alors carrément, sans hésitation, et avec le parti pris d’affronter toutes les rebuffades et de ne pas battre en retraite après le premier échec.
6. Entamer la conversation sur un ton doux, modeste et respectueux. Prétexter le coup de foudre, le penchant irrésistible, l’impression tellement violente et tellement profonde qu’elle vous fait commettre une inconvenance et une stupidité. Se confondre en excuses. Ce genre d’entrée en matière manque rarement son effet. Si on vous offre un silence glacial et obstiné, ne pas se laisser démonter ; continuer de plus belle, parler sans arrêt, devenir folâtre, amusant, original, excentrique et forcer le rire de la partie adverse. Si vous parvenez à la faire sourire, la glace est rompue, Profitez-en sans scrupule et poussez hardiment votre pointe.
7. Ne quitter la place que devant une résolution très marquée de se débarrasser de vous. Il est des femmes — très peu heureusement — qui crient « au secours ! », appellent un agent de police, alertent la foule, ou simplement rebroussent chemin en proférant des injures. En pareil cas, s’éloigner rapidement.
8. S’intéresser particulièrement aux jeunes beautés escortées d’enfants ou chiens. Ce sont des proies généralement faciles à approcher, et d’une saveur exquise. Certains spécialistes recommandent aussi les toutes jeunes femmes en grand deuil…
9. Fuir comme la peste les péronnelles qui stationnent trop longuement devant les vitrines des bijoutiers.
10. Ne jamais manquer de suivre avec acharnement toute jolie femme qui, après vous avoir croisé, se retourne, serait-ce instinctivement (surtout si c’est instinctivement…).
11. Contrairement à la logique, il faut suivre plutôt devant que derrière, s’arrêter de temps à autre pour ne pas perdre la piste, laisser passer la femme, la rejoindre en traînant le pas, la dépasser de nouveau, et autant que possible, surveiller ses mouvements sans se retourner brusquement.
12. Ne pas chercher à attirer son attention. Bien se dire que dès le premier instant, même si elle ne vous a pas regardé, elle a vu votre manège et deviné vos intentions…
13. Profiter des moindres incidents de la rue, des attroupements, des camelots, des accidents de voitures pour se rapprocher le plus possible de la femme que l’on suit et, si possible, engager la conversation. Une femme dont la curiosité est éveillée, est naturellement communicative et bavarde. Elle s’abandonne aussi plus volontiers au milieu d’un groupe qu’en tête-à-tête. Axiomes à retenir.
14. En dehors de ces cas spéciaux, n’aborder que dans les carrefours, les coins des rues, ou mieux encore, au moment où la personne traverse la chaussée au milieu des voitures.
15. L’un des meilleurs endroits pour « draguer » est le métro aux heures d’affluence. D’après les connaisseurs, on y trouve de tout. Différents moyens sont bons : on peut dire un mot drôle sur la foule, ou une excuse pleine d’humour au moment d’une bousculade qui vous place nez à nez avec la jeune beauté que vous avez remarquée. Si elle répond, considérer alors la conversation comme engagée et descendre avec la personne pour continuer à deviser… On peut aussi placer sa main, comme par mégarde, tout près de la main de la jeune personne qui se tient à la barre, et s’excuser avec drôlerie… On peut, bien entendu, se servir de ses mains d’une façon plus directe, mais il est à craindre dans ce cas, que la jeune personne se serve des seines d’une façon plus énergique encore…
16. Toute femme seule dans un cinéma (ou accompagnée d’une amie) peut être suivie sans inconvénient et avec présomption de succès. Partant de ce principe, s’attacher aux pas des plus jolies, les aborder sans crainte, parler du film et, le spectacle terminé leur proposer, selon la formule, « d’aller prendre quelque chose ». Après quoi, si vous possédez une voiture, il vous sera très facile de les reconduire chez elles.
17. La première qualité pour un « dragueur » est la hardiesse. Les débutants doivent donc perdre toute timidité. Ils y parviendront, croyons-nous, aisément en lisant ces lignes écrites pas une femme, Mme Dominique Le Bourg, dans son savoureux ouvrage « Si les hommes savaient… ». Ils verront que les femmes sont beaucoup moins farouches et difficiles à aborder qu’ils ne le pensent…
Écoutons donc l’avis d’une personne « du sexe opposé ». Il est riche d’enseignements :
« A moins que l’heure tardive, la rue déserte ne lui fasse éprouver des craintes pour ses jours, son sac ou ses bijoux, une femme n’est jamais outragée, quoi qu’elle dise, de se trouver poliment abordée, pas plus qu’elle ne s’offense, d’un compliment même un peu leste, ou d’une démarche insolite.
« Son indignation est cependant parfaite, mais si sa bouche tance vertement l’effronté (comme elle en a le strict devoir), son coeur — il en a le droit, le remercie en secret de l’inconvenant hommage.
Conclusion : soyez hardis !
18. Enfin, il est recommandé aux « dragueurs » de ne laisser échapper aucune occasion, aucun quiproquo.
Nous ne citerons qu’un exemple. Il s’agit d’une aventure arrivée à un journaliste de nos amis. Un soir du mois dernier, il avait arrêté sa voiture avenue des Ternes et attendait un confrère, quand une jeune femme, visiblement pressée, se pencha vers sa portière dont la glace était baissée et lui dit :
— Vous êtes libre ?
Elle était ravissante. Il lui répondit :
— Non, je suis marié. Mais cela ne fait rien, montez quand même… »
La jeune femme éclata de rire, s’excusa… et monta.
Elle avait une course à faire. Il la conduisit, puis ils dînèrent ensemble
Depuis, ils sont inséparables.
Comme quoi, on peut être « dragueur » involontaire…

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